Sans aucun doute, la tuerie de Toulouse laissera une marque indélébile sur l'élection présidentielle de 2012. Laquelle? Personne ne peut encore l'affirmer avec certitude, même si les soupçons de récupération politique et les critiques sur l'efficacité de la DCRI affleuraient déjà mercredi soir.
L'histoire peut néanmoins nous renseigner, dans une certaine mesure, sur l'influence de l'irruption du terrorisme et de la violence dans un contexte électoral. En France comme dans d'autres démocraties occidentales, de l'attentat de la rue Copernic à la chute des tours du World Trade Center, les références historiques ne manquent pas. Et si elles démontrent que l'intervention brutale de la peur terroriste peut affecter, de façon plus ou moins déterminante, le cours d'un processus électoral.
"Nous disposons en réalité de trop peu d'exemples pour édicter des règles précises. Une chose est sûre: plus le choc dans l'opinion est fort, plus il est proche du jour de l'élection, plus fort sera l'impact", énonce l'historien et politologue Arnaud Blin, auteur d'une Histoire du Terrorisme (Bayard Culture) et qui a supervisé l'édition du Manuel pratique du terroriste (André Versaille). Selon lui, cet impact est "d'autant plus prégnant lorsque les questions de sécurité font partie intégrante des thématiques de la campagne."
Davantage que l'événement en lui-même, c'est son exploitation politique et la gestion de la crise qui en découle qui commande son éventuel impact sur l'élection. Pour François Heisbourg, grand spécialiste des questions stratégiques et auteur, entre autres, de Espionnage et Renseignement. Le vrai dossier (Odile Jacob), la violence terroriste place les responsables politiques dans une position extrêmement délicate. "Dans les périodes de crise aigües, les gens écoutent, ils retiennent, en général longtemps, et ils sanctionnent", assure-t-il.
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